1. Le métier à tisser de la mémoire
L’initiative de Johnny Deman et la Maison Deman
« Chaque voix enregistrée est un brin de laine, chaque archive un fil de chaîne : c’est en entrecroisant les timbres, les silences et les documents anciens que se tisse la véritable mémoire des familles. »
Ancrée au cœur du pays brabançon, à Villers-la-Ville, la Maison Deman s’élève comme un véritable sanctuaire mémoriel au service des lignées retrouvées. Né de la volonté passionnée de Johnny Deman, ce projet au long cours rassemble les recherches, les photographies jaunies, les voix capturées et les pièces d’archives patiemment recueillies au fil des ans avec le concours de Jean-Marie Deman et d’Annie Lebon. Ensemble, ils se sont assigné une mission : arracher à l’oubli les existences modestes ou héroïques, les labeurs quotidiens et les destins croisés qui forment l’étoffe de notre héritage.
Au-delà de la froide succession des dates, la Maison Deman s’efforce de faire vibrer ces trajectoires à travers les générations. En métamorphosant la matière brute des registres en une fresque vivante et incarnée, cette œuvre de transmission offre aux descendants un espace d’écoute et de méditation où les récits intimes des foyers viennent épouser le souffle et les soubresauts de la grande Histoire.
La chaîne et la trame
Au cœur de cette démarche d’artisan mémoriel, « La Tapisserie des Deman » se compose par l’entrelacement minutieux des voix contemporaines, des podcasts, des images restaurées et des chartes anciennes. Sur ce métier à tisser virtuel, la chaîne représente la structure factuelle : la rigueur des actes d’état civil, les registres paroissiaux dépouillés, les recensements et les preuves matérielles conservées. La trame apporte la couleur, le relief et l’émotion grâce à la chaleur des enregistrements sonores, la subtilité des souvenirs transmis et la poésie des récits diffusés.
Cette entreprise repose sur la maxime de la Maison Deman : « Transmettre sans raconter de travers ». Chaque information est classée selon son niveau de preuve — de l’acte original à l’étude documentée, de la donnée de travail au témoignage oral. Cette exigence garantit que l’élan de la narration ne trahit jamais la vérité généalogique.
2. Les fils flamands
La lignée Deman & Lexhardé
Sur le versant paternel, les fils du métier plongent leurs racines dans la terre sablonneuse et saline de la Flandre occidentale, un terroir forgé par le vent de la mer du Nord, le travail de la terre et le fracas des conflits.
- Woumen, Esen et Keiem : les berceaux et points d’attache majeurs de la lignée Deman.
- Mannekensvere : le foyer de Théodoor Deman et d’Urbanie Baeckelandt, où le couple et leurs onze enfants durent affronter la Première Guerre mondiale et la reconstruction.
- Nieuwpoort, Pouillenay et Keiem : le parcours de Jeanne Hortensia Lexhardé, entre le littoral, l’exil en France durant la Grande Guerre et le retour sur la terre flamande auprès d’Aimé Deman.
La lignée Borny
La branche des Borny apporte à la tapisserie ses nuances maritimes et populaires. Établis le long des dunes et des polders, entre Klemskerke, De Haan et Vosseslag, les Borny ont traversé les décennies au rythme des métiers de la côte et de la vie des communautés du littoral. Le moulin de Klemskerke, ou moulin Borny, demeure dans les albums familiaux comme un symbole du labeur quotidien et du grain moulu sous le vent.
3. Les trames wallonnes et brabançonnes
La branche Lebon & Labart
Côté maternel, la trame s’insinue au cœur des plaines du Brabant wallon et du Hainaut, là où l’histoire intime croise les grands affrontements du continent.
- Les Lebon de Fleurus, Marbais et Brye : cette lignée demeure liée à la maison familiale bâtie le long du ruisseau « La Rose », dans une région marquée par les batailles de Fleurus, notamment celle de 1794.
- Lydie Labart à Saint-Amand : mère de Paula Wauthy, disparue prématurément, elle demeure présente dans les archives de la Maison Deman grâce à deux portraits familiaux.
La colonne vertébrale Wauthy
La lignée Wauthy — rencontrée aussi sous les formes Wauthiez ou Wautier dans les registres anciens — constitue une grande colonne vertébrale wallonne du dossier généalogique. Implantée à Wagnelée, Rèves et Sart-Dames-Avelines, elle relie la mémoire contemporaine aux pistes anciennes du Namurois et du Brabant.
Synthèse des lignées
| Branche familiale | Lieux d’ancrage | Figures et événements clés |
|---|---|---|
| Deman & Lexhardé | Woumen, Esen, Keiem, Ostende, Mannekensvere, Nieuwpoort, Pouillenay | Théodoor Deman et Urbanie Baeckelandt ; Jeanne Hortensia Lexhardé ; Aimé Deman. |
| Borny | Klemskerke, De Haan, Vosseslag | Métiers du littoral ; moulin Borny ; drame de Vosseslag en 1929. |
| Lebon & Labart | Marbais, Brye, Fleurus, Ligny, Saint-Amand | Maison du ruisseau « La Rose » ; Lydie Labart ; Paula Wauthy. |
| Wauthy / Wauthiez / Wautier | Wagnelée, Rèves, Sart-Dames-Avelines | Paula Wauthy ; charnière vers les familles anciennes du Brabant et du Namurois. |
| Lignées anciennes et raccords — dossier de travail | Namur, Grand-Leez, Hainaut, Trivières | Jacquet, de Becquevort, de La Hamaide, de Namur ; raccords médiévaux soumis à vérification. |
4. Les accrocs du temps
L’étoffe d’une famille ne se tisse pas seulement de jours paisibles ; elle porte les marques des guerres, des accidents et des ruptures.
- Mannekensvere et la Première Guerre mondiale : Théodoor Deman, Urbanie Baeckelandt et leurs onze enfants furent pris dans le conflit qui ravagea le secteur de l’Yser et imposa évacuation, pertes et reconstruction.
- Vosseslag, 1929 : un deuil brutal frappa la branche Borny et laissa une cicatrice durable dans la mémoire familiale.
- Keiem, 1935 — « La ronde interrompue » : la mort d’Aimé Deman est documentée par sa carte mortuaire, trois coupures de presse conservées et les notes de Jeanne Hortensia Lexhardé.
- Soulagnets / Germs-sur-l’Oussouet, juin 2014 : Jean-Marie Deman fut emporté par une crue alors qu’il tentait de secourir son chien. Des articles de presse contemporains documentent le drame.
5. Les retrouvailles
La Maison Deman à Villers-la-Ville
Installée dans le cadre verdoyant de Villers-la-Ville, la Maison Deman est le havre où convergent ces trajectoires autrefois dispersées entre le littoral flamand et la campagne wallonne. Grâce au travail de Johnny Deman, épaulé par Betty, ce centre de recherche et d’édition familiale numérise, identifie et préserve actes, correspondances, enregistrements sonores et photographies d’époque.
Le blason symbolique de Johnny Deman
Pour donner une expression visuelle à cette mémoire plurielle, Johnny Deman a conçu un blason personnel, dont l’illustration graphique a été réalisée avec le concours d’outils numériques et de l’intelligence artificielle.

Cet écu rassemble les symboles choisis par Johnny pour évoquer les attaches flamandes et wallonnes, les pistes médiévales présentes dans l’arbre de travail et la continuité entre le passé, le présent et la transmission future.
6. L’invitation à l’écoute et à la transmission
Ce récit accompagne la création sonore « La Tapisserie des Deman ». Les versions française et néerlandaise sont disponibles ; la narration anglaise rejoindra la médiathèque dès qu’elle aura été fournie.
Appel à la mémoire collective
L’histoire d’une famille est une œuvre vivante et inachevée, un métier à tisser sur lequel chaque génération vient ajouter son propre fil. La Maison Deman invite parents, cousins, alliés et descendants à contribuer :
- Corriger et préciser une omission, une date, un lieu ou un détail.
- Enrichir l’arbre et les archives avec des documents, cartes mortuaires, lettres, photographies ou actes.
- Transmettre des témoignages et souvenirs afin que Johnny et Betty puissent préparer de prochains articles avec les familles concernées.
Chaque souvenir partagé consolide la trame de notre mémoire collective.